Chères lectrices, chers lecteurs, bonjour,
En ce jour particulier, on ne voit pas plus loin que le bout des pales. Et encore, le bout des miennes
car on ne voit que la moitié de celles d’Aramis. Il faut vous dire que plus il y a de pales plus elles sont
courtes ou pour dire les choses autrement, moins il y a de pales, plus elles sont longues. Et comme
Aramis n’a que 2 pales…
Tout ça ne vous dit pas pourquoi il y a un brouillard à couper au couteau.
L’indice est dans le titre.
C’est encore un coup du point de rosée. Le point de rosée, rappelez-vous, c’est le moment ou plutôt
la température à laquelle les molécules d’air gorgées d’humidité, c’est-à-dire, de vapeur d’eau, n’en
peuvent plus et la vapeur d’eau se transforme en gouttelettes. C’est ce qu’on appelle la
condensation.
Si la température extérieure est égale à la température du point de rosée, à coup sûr, il y a du
brouillard. Si la température extérieure est proche de celle du point de rosée, ça pourrait être de la
brume. Ça peut se lever remarquez. Mais en attendant, c’est NO GO.
A ne pas confondre avec les entrées maritimes qui sont des nuages qui viennent de la mer, comme
leur nom l’indique, se produisent plutôt en fin d’après-midi et sont assez bas ce qui peut surprendre.
Comme on vole à vue, il faut vite en sortir en poussant un bon coup le pas général pour descendre
rapidement. Après, on peut les contourner ou si on est en approche pour atterrir, faire en sorte de
passer en-dessous.
Autre sujet de NO GO, c’est quand il y a du vent. Le vent ne nuit pas au vol sauf s’il y en a trop.
L’appréciation du « trop » est une question d’aptitude au pilotage. Pour exemple, 20 nœuds (kt),
c’est-à-dire environ 40 km/h, c’est déjà beaucoup pour un apprenti pilote. S’il y en a de trop, on peut
être confronté à des risques de cisaillement (vent cisaillant) ou à des microburst.
Le cisaillement, qui est un phénomène venteux comme vous l’avez compris, produit un changement
brutal dans la direction et/ou la force du vent. Autant vous dire que mon RAC apprécie très
modérément. Aucun RAC n’apprécie ça vraiment bien, même le RAC de Porthos qui n’est plus dans le
hangar comme vous le savez n’apprécierait pas. En plus, ça peut se produire aussi bien en descente
qu’en montée, en vol horizontal ou stationnaire, comme en virages.
A éviter, aussi les microrafales ou microburst qui produisent un fort courant d’air froid descendant.
Lorsque la microrafale atteint le sol, ce courant d’air s’étale horizontalement dans toutes les
directions et crée des cisaillements.
Dans les NO GO, il y a aussi la pluie. Une bonne ondée, ça rince le pare-brise mais trop de pluie, ça ne
le fait pas avec ma portance. Car plus l’air contient de la vapeur d’eau, moins il est dense. Donc,
moins il me porte.
Que vous dire d’autres sur nos NO GO. S’il y a un cumulonimbus dans les parages (on vous renvoie à
notre série d’articles sur les nuages dans ce blog), là, on reste prudemment dans le hangar. Les
orages et les rotors, ça ne fait pas bon ménage et on ne cherche pas à voir si on peut passer au-
dessous, au-dessus ou à côté. Au-dessous ou au-dessus, c’est cuit, vue la hauteur de ces nuages,
rappelez-vous, ça peut aller jusqu’à la tropopause et sur les côtés, on peut craindre les phénomènes
de cisaillement dont on vient de vous parler. Sans compter les éclairs, la foudre…tout ce qui pourrait
nous endommager.
Donc, pour un vol tranquille et sympa, on attend de trouver des conditions atmosphériques plus
propices. Et puis après un bel orage, on est récompensé de notre attente généralement par un bel
arc-en-ciel ! de quoi reprendre des couleurs.
A très vite
Le HUGHES 300 et le BELL 206

