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87 – Le tube de Monsieur Pitot

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Chères lectrices, chers lecteurs, bonjour, 

PLJ pour vous servir,

Mes copains hélicos m’ayant donné leur GO pour autant d’articles que je voudrais publier sur leur blog sous réserve d’une concertation préalable bien naturelle, je reviens vers vous sur le Pitot. A me relire, je trouve que dans mes articles sur l’altimétrie, je suis peut-être passé un peu vite sur le Pitot. Je l’appelle ainsi, assez familièrement, j’en conviens, alors que c’est le patronyme et l’invention éponyme d’Henri Pitot, ingénieur hydraulique français.

Savez-vous qu’on lui confia la tâche de mesurer l’écoulement de la Seine et qu’à cette occasion, il établit expérimentalement la relation entre la vitesse de l’écoulement et la hauteur de l’eau. Ça n’était pas rien. Tout ça avec 2 tubes.

On était en 1732. En 1738, les travaux de Daniel Bernouilli donneront une justification théorique précise à ce dispositif en liant la vitesse à la pression dynamique et la hauteur de l’eau à la pression statique permettant ainsi une généralisation du principe à tous types de fluide et à une grande variété de situations.

L’appellation du tube Pitot est restée, cependant, son invention a été perfectionnée dans le temps. Citons à ce sujet les travaux de Mr Henry Darcy en 1858 et ceux de Mr Ludwig Prandtl dont la sonde qui porte son nom est une variante du tube de Pitot.

L’utilisation de ces tubes s’est élargie. Il devient anémomètre en météorologie, calculateur de vitesse sur les voitures de formule I et la plupart des avions. N’oublions pas les hélicos.

A l’avant, se trouve le tube Pitot qui mesure la pression totale et on a une petite grille sur le fuselage qui mesure la pression statique. En soustrayant la pression statique à la pression totale, on obtient la pression dynamique et c’est ce qu’il faut pour déterminer la vitesse. Donc l’information sur le badin.

Pour être complet, avec la pression statique uniquement, on dispose de l’altitude et de la vitesse de descente ou de montée que l’on appelle le vario si vous vous en souvenez.

Rappelez-vous que ça reste une indication. Les instruments sont là pour un rapide contrôle mais quand vous apprenez à piloter, vous apprenez aussi à apprécier les choses par vous-même.

Le problème du tube, c’est s’il est bouché ou s’il se bouche en vol. Par exemple, si le gel obstrue le tube. Là, bernique, vous risquez de n’avoir que la pression statique et donc une information erronée. Les hélicos sont formels : dans le Club, pas de vol s’il gèle dehors.

Des petites bêtes peuvent aussi s’inviter considérant que le tube peut leur faire un petit terrier sympa.

Pour cette raison, on vérifie toujours lors du pré-vol que le tube Pitot n’est pas bouché. On peut même y mettre un bouchon avec un capuchon rouge. Mais là, il faut pas oublier de l’enlever avant le départ !

Si vous venez faire un vol d’initiation, demandez que l’on vous montre le tube Pitot et comment ça fonctionne.

Et, si vous êtes curieux de savoir comment Monsieur Pitot s’y est pris avec les moyens de l’époque, vous trouverez tout sur le tube Pitot sur Wikipédia.

Maintenant, petite colle. D’après vous, est-ce que l’aéronef est un objet immobile dans une veine d’air en mouvement ou est-ce l’aéronef qui est en mouvement ? Pour vous, c’est obligatoirement la 2ème hypothèse ? Eh bien sachez que les aérodynamiciens, ceux qui mesurent la vitesse, ont tendance à se représenter l’air en mouvement et l’objet immobile d’où la notion de vent relatif comme de vitesse relative.

Sur le vent relatif, les Mousqu’hélicoptaires me disent avoir prévu à votre intention une piqûre de rappel sur le sujet en plus de la relation d’une jolie rencontre. Waouh ! ils ont l’art de maintenir le suspens !

On se dit à très vite.

PLJ