ChĂšres lectrices, chers lecteurs, bonjour,Â
Moi, Hughes 300, je ne mâen souviens pas du tout mais cette rencontre pas banale a laissĂ© plus de souvenirs Ă lâĂ©lĂšve pilote qui me pilotait. Vraiment pas banal et tout Ă fait vĂ©ridique !
Bonne lecture.
En route sur leur fil
CâĂ©tait un vol ordinaire. Entendez par lĂ quâil nây avait rien de particulier. Je suivais mon cursus de formation de pilote privĂ© avec lâinstructeur qui me suivait depuis le dĂ©part et dont jâavais dĂ©jĂ pu apprĂ©cier le sens de lâhumour et de la mise en boĂźte. SpĂ©cialiste moi-mĂȘme, câĂ©tait souvent une surenchĂšre entre nous deux.
Bref, nous volions tranquillement et jâexĂ©cutais ce quâil me demandait de faire sachant que la pĂ©riode oĂč jâallais voler en solo Ă©tait proche. MaĂźtrisant lâappareil, on pouvait sâautoriser quelques discussions Ă bord.
Sur le principe, ce nâest pas que lâon soit tenu au silence Ă bord mais le pilotage dâun hĂ©lico, surtout le HUGHES 300 qui nâembarque aucun automatisme et laisse tout le boulot au pilote, nĂ©cessite une attention de tous les instants.
Bref, nous allions et tout dâun coup, Ă ma plus grande stupĂ©faction, jâai vu des fils dâaraignĂ©es verticaux blancs en lâair, suspendus dans le ciel ! Ă hauteur de lâhĂ©licoptĂšre !
Mais câest quoi ça ? me suis-je exclamĂ©.
DĂ©jĂ , que faisaient lĂ ces fils ? et puis comment y Ă©taient-ils arrivĂ©s alors que rien ne les rattachait Ă rien et quâavec le souffle du rotor, on nâaurait pas pensĂ© que ça puisse rester comme ça, droit comme un I, sans un flĂ©chissement ?
Tâas vu ça ? ai-je demandĂ© Ă lâinstructeur et lui de me rĂ©pondre que les araignĂ©es se dĂ©plaçaient comme ça en profitant des courants ascendants.
Voyant que je le regardais avec suspicion mâimaginant quâil me mettait en boĂźte, il mâa dit quâil ne plaisantait pas, quâelles se dĂ©plaçaient comme ça.
Nous avons terminĂ© le vol, avons dĂ©briefĂ©, tout rangĂ© et je suis rentrĂ© chez moi persuadĂ© quâil mâavait mis en boĂźte.
DĂšs que jâai eu un moment, jâai fait une recherche sur internet et lĂ , jâai eu la deuxiĂšme surprise de la journĂ©e.
Car lâexplication donnĂ©e Ă ce que jâavais vu Ă©tait on ne peut plus vraie. Plusieurs espĂšces dâaraignĂ©es se dĂ©placent comme ça. Elles tissent un fil, elles lâaccrochent quelque part, elles attendent quâun coup de vent arrache le fil et vogue la galĂšre !
Ce phĂ©nomĂšne sâappelle du ballooning.
Je nâen ai jamais Ă©tĂ© tĂ©moin Ă nouveau.
Maintenant, quand je vois une araignĂ©e, je mâdis « toi ma cocotte, tâarrives ou tâes sur le dĂ©part ? »

